Comment je suis devenue végétarienne

Réflexions

Si je vous raconte comment je suis devenue végétarienne, il faut que je vous parle d’elle. A vrai dire, vous la connaissez probablement déjà, elle blogue depuis 6 ans et si vous vous intéressez aux jolies choses ou au végétarisme, vous êtes forcément déjà passés sur son blog. Encore un indice? Elle a des chats trop mignons, fait des photos sublimes et son blog est un appel au rêve et au voyage. Bon allez, je parle de Laëtitia de Eleusis & Megara.

Comme une prise de conscience

Vous vous demandez peut-être pourquoi j’en viens à vous parler d’elle aujourd’hui, la réponse est simple: elle a été mon déclic, c’est grâce à elle que je suis devenue végétarienne. Fin 2012, je suis tombée un article qui parlait de sa semaine végétalienne et ça a été une révélation. Jusque-là, je voyais les végétariens comme des hippies marginaux qui ne mangeaient que des graines*, non pas par méchanceté mais par ignorance. Je ne m’étais jamais penchée sur la question, je pensais naïvement que les végétariens ne mangeaient pas grand chose, que leurs assiettes étaient tristes, je voyais du végétarisme ce que les médias et la société veulent bien nous en montrer: une caricature. A la lecture de l’article de Laëtitia, j’ai ouvert les yeux et j’ai réalisé que dans la majorité des cas, on ne naissait pas végétarien mais que c’était le fruit d’une réflexion plus ou moins longue.

Après avoir eu ce déclic, j’ai lu tout ce qui m’est tombé sous la main, j’avais envie de savoir pourquoi les gens franchissaient le cap, pourquoi certains devenaient végétariens. L’argument qui m’a vraiment parlé, c’est l’impact de l’élevage intensif sur la planète. Écologiquement parlant, notre façon de consommer est un désastre et j’y ai été très sensible. C’est comme ça qu’a commencé ma période de flexitarisme, mais je crois qu’il y a quelques années, on n’employait pas encore ce terme en France. En somme, j’ai réduit la viande et le poisson progressivement. Je ne me voyais pas tout bousculer du jour au lendemain, certains le font, mais je n’en étais pas capable alors j’ai préféré prendre mon temps et me renseigner. Quelques mois après la lecture de l’article de Laëtitia, le scandale des lasagnes à la viande de cheval a éclaté et ça a été un autre argument choc pour moi : je ne savais pas ce que je mangeais jusque-là. Une de mes cousines vous dirait « quand on mange bio, on n’est déjà pas bien sûr de ce qu’on mange, mais quand on ne mange pas bio, on est sûr de manger des cochonneries » et c’est exactement l’effet que m’a fait ce scandale. Manger de la viande sans savoir ce que je mangeais, sans être bien sûre de ce que contenait mon assiette, ce n’était plus possible.

 

Pas à pas

Entre septembre 2012 et juin 2013, j’ai diminué drastiquement ma consommation de viande et de poisson. J’ai commencé par arrêter d’en manger quand j’étais seule chez moi. J’en cuisinais quand j’invitais des copines et à l’extérieur. Puis j’ai arrêté d’en cuisiner tout court et enfin d’en manger dehors. Pendant l’été 2013, je suis rentrée chez mes parents et je leur ai expliqué pourquoi je ne voulais plus manger de viande ni de poisson. J’avais un peu peur de leur réaction parce que je n’avais jamais vraiment abordé le sujet avec eux et qu’autour de nous, on n’avait pas tellement d’amis ni de connaissance végétarienne. Du côté de mon Papa, c’est plutôt bien passé: écolo depuis bien longtemps, il a vite compris ma démarche et m’a soutenue. Ma Maman ne m’a pas trop prise au sérieux au départ je crois, elle a dû penser que mon amour de la mortadelle et des sushis serait plus fort que mes convictions mais finalement, aujourd’hui, elle est la première à me préparer la même chose sans viande quand je mange avec eux. Ensuite, j’ai mis un moment à arrêter réellement de manger viande et poisson: quand je n’étais pas chez moi, j’avais du mal à dire non, pas parce que j’avais envie de viande ou de poisson (vraiment pas) mais parce que je ne voulais pas déranger ou vexer. Finalement, j’ai réussi à m’y faire, à dire non et au passage à encaisser les commentaires parfois désobligeants.

En parallèle, j’ai découvert et appris à cuisiner un tas de produits que je ne connaissais pas ou dont je n’avais que vaguement entendu parler. Protéines de soja texturées, tofu, tempeh, seitan, toutes ces légumineuses qui me fascinaient au magasin bio quand j’étais petite ; j’ai également découvert les simili, désapprouvées par certains, pour moi ce sont de bonnes alternatives pour végétaliser ou végétarianiser ou végétaliser un plat, les galettes pratiques pour les jours de flemme ainsi que de nombreux produits et épices du monde que je n’utilisais pas jusqu’alors. Ce n’était pas évident au départ, j’avais du mal à savoir quoi cuisiner, à sortir de mes repères habituels à base de blanc de poulet ou de pavés de saumon mais finalement avec les années et à force de lecture et d’heures passée sur Pinterest et sur la blogosphère, tout est devenu plus facile! Je n’ai pas l’impression que mes repas soient tristes ou finalement si différents qu’à l’époque: ils peuvent être très équilibrés comme bien trop gras, je n’ai pas arrêté d’aller au restaurant, de manger des burger et parfois trop de bonbons. Je cuisine encore plus qu’avant et il se peut d’ailleurs que j’ai développé une légère addiction aux livres de cuisine végétarienne et végétalienne… Cela dit, je crois que les meilleurs moment à table, c’est quand un copain accro à la viande (ou au saucisson) demande avec un grand sourire s’il peut se resservir ou quand ma Maman admet, enregistrement vocal à l’appui, qu’elle préfère manger des protéines de soja que du poulet aux hormones!

Depuis ma toute première lecture à aujourd’hui, ma relation au végétarisme a changé puisque je suis beaucoup plus sensible à la cause animale, moi qui étais surtout préoccupée par les aspects écologiques et sanitaires. Le fait d’avoir arrêté la viande m’a aussi fait réfléchir au reste de mon assiette, notamment aux produits industriels, au bio, au local et aux achats de saison! Finalement, tout est parti de la lecture d’un article et en quelques années, ma vie a totalement changé! Alors Laëtitia, si tu me lis, je voudrais juste te dire (encore) un immense merci pour tout ça, merci d’avoir été mon déclic. Et si vous n’êtes pas végétarien.ne.s, je ne peux que vous encourager à vous poser des questions, je ne dis pas que vos réponses seront les mêmes que les miennes, mais se poser la question, c’est déjà un énorme pas. Pour finir, je voudrais juste vous dire à quel point j’ai du mal à comprendre les réflexions que l’on peut voir fleurir que flexitariens, sur les gens qui aiment trop la viande pour arrêter mais qui ont quand même changé leur façon de consommer. Selon moi, toute réflexion est bonne à prendre et les petits ruisseaux font de grandes rivières!

* vous comprendrez que j’ai bien du mal à blâmer les gens qui ne connaissent rien au régime végétarien et ont une drôle d’image de moi, de nous.

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2 Comments

  • Reply
    Laëtitia ???? (@Eleusis_Megara)
    12 avril 2017 at 02:31

    Oh la la, je prends seulement le temps de lire ton article et merci, je suis si touchée (j’ai presque envie de pleurer ^^) et surtout si heureuse t’avoir pu t’être utile dans cette voie : bravo pour ce beau changement qui en vaut la peine, ou disons qui en épargne beaucoup 🙂

    • Reply
      Soy
      12 avril 2017 at 10:56

      <3 merci de m'avoir ouvert les yeux... et de m'avoir poussée à publier cet article! J'ai de jolis retours et je me dis que si à mon tour je permets à ne serait-ce qu'une personne de se poser des questions sur ce qui semblait "normal" alors ce sera magnifique!

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